-GRAND PALAIS EDITIONS- Rêves d’encadreurs N° 8- mai 2008

 

Extrait du Catalogue des cadres du concours international réservé aux professionnels SMAC 2008.

Sujet imposé La Joconde.

 Parution mai 2008 pages 24 et 25 .

Monique Moreau, l’Atelier des Cadres et Bois Dorés, Bressey sur Tille (21)  

Ecrin Noir

  Variations multiples en noir et or pour ce cadre qui donne la primeur aux rappels ton sur ton des couleurs du sujet et forme un écrin conforme à l’esprit Renaissance de l’œuvre.

La baguette blanchie est partiellement dorée à la feuille, les gorges et doucines sont peintes à l’acrylique dans des tons sombres. Le sujet est encadré d’une petite marie-louise perlée au bord d’un passe partout noir surélevé à niveau. L’opposition de la lumière dorée et des tons sombres met l’œuvre en valeur et lui confère un caractère précieux. La finition au vernis gomme laque apporte un effet brillant et doux. Un encadrement précieux dans une harmonie de tons sombre, rehaussée par la dorure avec effet.

  • baguette blanchie et marie-louise (Eurobaguettes)
  • feuilles d'or (Ets Dauvet)
  • peinture acrylique (DalerRowney)
  • conrecollé (Crescent)
  • verre.

 

 



Monique Moreau propose également un service d'encadrement sur mesure. Une infinité de possibilités…

Monique Moreau,  a ouvert en octobre dernier un atelier de dorure sur bois à Bressey-sur-Tille. Elle restaure des cadres anciens en utilisant des techniques ancestrales.
L'ATELIER des cadres et bois dorés, c'est pour Monique Moreau l'histoire d'une longue passion pour les beaux-arts., cette férue du dessin, de peinture et d'aquarelle a décidé de réaliser enfin le projet qui lui tenait à cœur. Depuis octobre 2007, elle met désormais son talent, sa patience et son amour du travail bien fait au service des propriétaires de cadres anciens.
Le cadre au service de son sujet
Dans son lumineux atelier de dorure qu'elle a elle-même aménagé à l'arrière de sa maison à Bressey-sur-Tille, elle redonne vie à ces objets marqués par le temps, parfois très abîmés. Souhaitant donner libre cours à sa créativité, Monique Moreau propose également un service d'encadrement sur mesure. « Concernant l'encadrement, j'ai fait ma formation et mon stage pratique chez un artisan encadreur à Annonay (Ardèche). Il existe une infinité de possibilités. Les techniques sont nombreuses mais beaucoup ont été oubliées. L'important est de ne pas faire un cadre pour faire un cadre. Il doit être au service de son sujet. L'objectif, c'est de trouver la bonne solution tout en prenant en compte les souhaits du client », considère-t-elle.
C'est néanmoins la restauration des bois dorés qui occupe pour l'instant la majeure partie de son temps. Un métier d'une extrême précision, qui ne s'improvise pas. Pendant un an et demi, Monique Moreau a ainsi suivi un enseignement spécifique dans un centre de formation pour adultes à Avignon. Elle a ensuite enchaîné sur un stage chez un doreur sur bois dijonnais, passage obligatoire pour maîtriser parfaitement la multitude de techniques propres à la profession. Un savoir-faire ancestral qui nécessite l'utilisation de matériaux et matériels spéciaux et souvent onéreux, mais aussi le respect de règles et protocoles bien établis.
« Il faut jusqu'à une semaine de travail. Il faut être très rigoureux, savoir utiliser ses mains et ne pas avoir peur de travailler des heures. L'application de la feuille d'or est presque anecdotique. C'est seulement la partie visible de l'iceberg ». Sur des airs de musique classique, Monique Moreau passe ainsi ses journées penchée sur ses cadres. Après le nettoyage, la première étape est la reconstitution des éléments manquants à l'aide de « gros blanc ». Cette sorte de pâte à modeler, mélange de craie et de colle de peau de lapin, doit être préalablement chauffée entre les mains pour adhérer au support. Monique Moreau, elle, n'hésite pas à la mastiquer parfois pour améliorer ses performances.
Suivent huit à douze couches d'apprêt au blanc de Meudon ou à la craie de Champagne (deux heures de séchage entre chaque couche !), puis le ponçage et l'assiettage à l'ocre jaune pour, enfin, arriver à l'étape de la pose de la feuille d'or. Pour cette opération, très délicate en raison de la faible épaisseur de la feuille (parfois 1 micron !), il est alors indispensable de ne pas toucher l'or avec les doigts. Monique Moreau l'applique donc à l'aide d'un pinceau doux en utilisant l'électricité statique.
« J'ai toujours aimé les beaux objets »
Après cette liste non exhaustive des joies de la dorure, reste encore à l'artisan le soin combler les lacunes (ramendage), brunir l'or à la pierre d'Agathe pour obtenir le brillant ou au contraire appliquer différents produits (craie, cires, pigments, vernis, lait…) pour un effet plus mat.
« Mon objectif est avant tout de respecter l'objet, sa cohérence et son origine. J'ai toujours aimé les beaux objets et c'est très gratifiant de travailler à leur service, surtout ceux de la période XVIIIe siècle que l'on voit rarement. Il est important d'avoir une bonne base culturelle, de se documenter et de demander des renseignements aux antiquaires. Il y a toujours à apprendre et c'est ce que j'apprécie. »
Souvent, Monique Moreau doit passer de longues heures à rattraper les erreurs des propriétaires. « Il ne faut surtout pas essayer de nettoyer soi-même un cadre doré. C'est beaucoup trop risqué », rappelle-t-elle.
Pour l'instant, elle travaille pour les particuliers, marchands d'art, associations et entreprises. Outre des cadres, il lui arrive de restaurer du petit mobilier. Elle se déplace également à domicile pour intervenir sur des boiseries ou des statues religieuses. D'ici trois à quatre ans, elle espère obtenir l'habilitation qui lui permettra de travailler sur les pièces de musées.
Nicolas MANZANO